Prône du vendredi 7 aout : l’aumône

Chers frères, chères sœurs,

Le sujet du prône de ce vendredi est l’argent et les bonnes actions qui y sont liées, les sadaqats (les aumônes).

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Cet argent qu’Allah vous a fourni et dont l’amour a été installé dans les cœurs comme une épreuve pour le croyant, la croyante et au sujet duquel Allah dit dans son livre saint, le Quran : « Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance. » [Sourate 18, Verset 46]

Ainsi, l’argent dans ce dounia, ce bas-monde, est tout ce que vous aurez reçu et utilisé de la part de votre Seigneur et sachez qu’au jour dernier vous serez questionnés sur tout ce que vous aurez reçu, amassé et utilisé. Tel qu’il est mentionné dans ce hadith rapporté par Tabarani, selon le compagnon Mouadh ibn Jabal, le Prophète sas disait : “Au jour du jugement les pieds d’aucune créature ne quitteront le lieu de l’exposition des actes avant qu’il ne soit interrogé au sujet de quatre choses : au sujet de sa vie, à quoi il l’a passée, au sujet de son corps, à quoi il l’a usé, au sujet de sa science, sur ce qu’il en a fait, au sujet de son bien, d’où il l’a acquis et dans quoi il l’a dépensé”.

Dépensez donc intelligemment en prévision de ce jour. Dépensez dans le bien et les bonnes œuvres, donnez aux nécessiteux, afin qu’Allah vous bénisse par cela et que cela soit une cause de la pureté de vos cœurs, de vos biens et vos œuvres. Afin que ces dépenses dans la voie de votre Seigneur, al infaq fi sabilillah, vous soient profitables. Afin que les aumônes que vous aurez donnée pour l’agrément de votre seigneur vous soient comptées et comptabilisées au nombre de vos bonnes actions.

Rappelez-vous quel bienfait que l’argent pur représente pour la personne pieuse, un bienfait qu’Allah donne à qui il veut parmi ses serviteurs. Pensez-y lorsque vous vous apprêtez à dépenser de vos biens, ou lorsque s’arrête devant vous le pauvre, le nécessiteux ou la personne dans le besoin.

Pensez bien que cet argent est celui qu’Allah vous a attribué et profitez donc de cet argent et de ces biens pour ouvrer pieusement. Profitons donc, mes frères et sœurs, pour oeuvrer dans les voies du bien avant que les tombes ne nous réduisent en poussières et ossements et que le compte de nos bonnes œuvres soit clôturé.

La Sadaqa est un investissement pour l’au-delà

Sachez que le bénéfice des dépenses fi sabilillah ne fait qu’augmenter et ne se perd pas même après la mort. Dépensez donc de ce que vous pouvez en faveur des pauvres, des indigents, des orphelins ou des veuves sans ressources. Et ne négligez pas les aumônes continues (celles qui conitnuent après la mort).

Il est dit dans un hadith qu’Allah viendra au jour dernier auprès d’un parmi ses serviteurs à qui il avait attribué de l’argent et qu’Il lui dira « Comment as-tu œuvré lors de ton passage dans le bas-monde ? » Celui-ci citera alors ce verset : « ils ne sauront cacher à Allah aucune parole. » Il dira alors : Ô mon Seigneur, tu m’as donné de l’argent et j’en ai fait mon commerce avec les gens. J’ai été tolérant dans mes affaires : j’ai facilité les choses pour celui qui était dans la facilité et j’ai repoussé les échéances de ceux qui se trouvaient en difficulté. »

Allah dit alors « Je suis plus en droit que toi pour cela et Je serai tolérant avec mes serviteurs. »

Maintenant chères sœurs, chers frères, méditons sur la manière dont les compagnons, As Sahabas, fondaient leur relation à l’argent sur la générosité, la foi et la piété, eux qui dépensaient leurs bien avec leur cœur et sortaient de ce dounia sans rien en garder.

Telle Aicha, ra, la mère des croyants et l’épouse du prophète sas, qui se trouva un jour avoir des douleurs au ventre et qui possédait 7 ou 8 dinars. Le messager d’Allah sas lui dit « Quel est cet or, ya Aicha ? »

« Il est à moi, répondit-elle. »

« Fais en donc l’aumône », dit le prophète sas.

« J’y réfléchis un instant, dit elle, puis les lui remis dans la main. »

Et le prophète de dire en les recevant : – Mais que pensait Mohammed ? Qu’il allait peut être rencontrer Allah alors qu’ils seraient encore chez lui ? Oui, que pensait Mohammed ? Qu’il allait peut être rencontrer Allah alors qu’ils seraient encore chez lui ? » Rapp bn hibban

Oui chers frères, chères sœurs, lorsque notre prophète sas est mort il ne restait chez lui ni dinars, ni dirham, cad ni or ni argent. Les croyants de son époque ont su prendre son exemple pour quelque chose de sérieux.

Tel Salman Farisi qui pleurait un jour dans sa maladie de peur d’avoir dépassé une parole du prophète qu’il avait un jour entendu dire « Il suffit à chacun de vous comme richesse de posséder à peine quelques provisions. » rapporté par bn Maja.

Et en effet, lorsque ce compagnon mourut peu de temps après, on ne trouva chez lui que peu de chose et à peine 20 dirhams qui lui auraient servi pour se nourrir.

Oui mes frères et sœurs, pour les compagnons, l’argent et les biens n’avaient de valeur que ce qu’il pouvait apporter à leur communauté ou soutenir leur messager.

Tel Abou Bakr Siddiq, qui avait cru au messager lorsque celui-ci était renié des siens et l’avait soutenu financièrement lorsqu’il fut boycotté par les siens. Ou encore lorsqu’il dépensait de ses biens pour racheter et affranchir des esclaves à qui il rendait leur liberté.

Tel Othman ibn Affan, Dhou Nourayn, lorsqu’il avait équipé toute une armée lors d’une bataille. Le Prophète sas avait alors dit ceci « Rien de ce que fera Othman après ce jour ne lui nuira. »

Oui mes frères et sœurs, les compagnons, les sahabas se raillaient de l’argent et consentaient à le dépenser pour le bien commun, le bien de tous. Eux qui ne pouvaient rester inactifs lorsqu’ils constataient que leurs frères souffraient de pauvreté ou se trouvaient dans le besoin.

Tel Othman, encore lui, qui avait racheté un puits nommé Rôm et l’avait offert en sadaqa pour les nécessiteux. Ou encore lors d’une grande sécheresse du temps du califat de Abou Bakr, où les gens pensaient leur mort venue mais finalement virent arriver un énorme troupeau de chameaux venu du Cham. Othman avait alors acheté 1000 chameaux et une quantité de blé, d’olives et de raisins. Il refusa de les vendre et d’en faire commerce avec les gens mais il les offrit plutôt aux pauvres et aux nécessiteux de sa nation.

Tels furent les compagnons et les traces immenses et indélébiles qu’ils laissèrent dans cette communauté jusqu’à nous aujourd’hui. Qu’Allah les agrée tous.  Amine

Chers frères et sœurs,

Sachez que la sadaqat est une preuve de votre foi et une évidence de l’action sincère et pieuse. Le Prophète sas a dit « La sadaqat est une preuve ».

Et elle est une guérison pour le malade autant qu’une protection des bons états de santé. Le Prophète sas disait « Guérissez vos malades au moyen des sadaqats ».

Encore plus étonnant, les généreux en sadaqats bénéficieront d’une ombre au jour dernier.

Ailleurs le prophète sas disait « La sadaqa étouffe la colère du Seigneur » et il disait aussi « la sadaqa fait partie des œuvres les plus aimées auprès d’Allah. »

Elle est une des causes de l’augmentation de vos biens et vos richesses et de la descente de la baraka, la bénédiction divine parmi vos biens, selon le hadith qui dit « La sadaqa ne diminue pas de vos biens. »

Aussi elle fait gouter à la douceur de la foi et de la bonne oeuvre. Le Prophète sas disait « le bien ne disparaitra pas tant que vous ferez aumône de ce que vous aimez ».

Quant à la sadaqa jariya, elle est l’aumône que l’on fait d’une chose qui servira aux gens même après notre mort. Tel construire une mosquée, creuser un puits, planter un arbre fruitier etc. Cette aumône dite « continue », ne perd pas son mérite lorsque son auteur meurt. Bien au contraire. Un hadith dit « Lorsque meurt une personne, ses œuvres sont arrêtées sauf trois : une science dont les gens tirent profit après sa mort, un enfant pieux qui invoque pour lui et une aumône continue, une sadaqa jariya. »

L’aumône fait partie des causes du pardon des péchés, tel que cité dans ce hadith « L’aumône éteint les péchés comme l’eau éteint le feu ».

La sadaqa éteint les péchés comme l'eau éteint le feu

La sadaqa éteint les péchés comme l’eau éteint le feu

Elle est par ailleurs une protection contre le feu, el que l’enseignait le prophète sas lorsqu’il disait : « Craignez le feu, fut ce en faisant l’aumône d’une demi datte. »

La sadaqa fait partie ainsi des meilleures des bonnes actions et ses mérites échappent malheureusement à beaucoup de gens inattentifs.

Chers frères, chères sœurs, adorateurs d’Allah.

Cet argent qui nous brûle les doigts est à diviser en deux parties : une partie pour nos besoins de cette vie d’ici bas et une partie pour nos besoins pour la vie future. Méditons donc sur tout ce que nous venons d’entendre et soyons attentifs à bien utiliser notre argent et nos biens. Faisons en sorte d’en avoir investi une part dans les bonnes oeuvres de l’aumône, dans les dépenses dans la voie du Seigneur et dans les aumônes continues. Qu’Allah nous y assiste et nous y facilite et il n’y a rien de facile sans qu’il ne l’ait facilité.

Que la prière et le salut soient sur le noble Messager, Mohammed, sur ses épouses, sa famille, ses compagnons et tous ceux qui les suivent dans la bienfaisance et l’excellence jusqu’au jour dernier.

Mosquée de Givet – 7 août 2015

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